Le marché des engrais connaît un nouveau retournement en juillet, avec une hausse moyenne de 40 à 45 €/T. Entre tensions géopolitiques, flambée du gaz et perturbations logistiques, les azotés restent particulièrement sous pression. Quels scénarios pour les prochains mois ? Consultez notre analyse complète et anticipez la campagne 2026-2027.
Après plusieurs semaines de détente sur les engrais début juillet, le marché a connu un net retournement à la mi-juillet. La reprise des tensions au Moyen-Orient et l’intensification des attaques en mer Noire depuis le 22 juillet ont fait remonter les prix de 40 à 45 €/t en moyenne.
Le regain de tensions au
Moyen-Orient et en mer Noire a ravivé la prime de risque des opérateurs sur les
prix des engrais courant juillet.
La reprise des combats entre
l’Iran et les États-Unis et la nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz le 12
juillet 2026 ont immédiatement fait repartir les cours du pétrole à la hausse.
Cette volatilité en dents de scie
invite à la prudence : la tendance de fond reste incertaine et pourrait
basculer dans un sens comme dans l'autre selon les décisions politiques.
Le pétrole Brent a fait + 31%
depuis début juillet, atteignant 89$/baril au 30 juillet 2026.
Le gaz TTF reste sur des niveaux
élevés : après avoir dépassé 60 €/MWh fin juillet, il évolue toujours autour de
60 €/MWh début août.
La forte dépendance des coûts de
production des engrais azotés au prix du gaz naturel continue de peser sur les
marges des industriels et limite leur visibilité pour la rentrée, cela malgré
le récent repli des cours du pétrole.
Le marché de
l'urée reste durablement sous tension. Après un pic à plus de 850 $/T en avril
(son plus haut niveau depuis 2022) suite à la fermeture initiale du détroit
d'Ormuz, les prix s'étaient partiellement détendus début Juillet. La reprise
des hostilités fin juillet a stoppé ce mouvement de baisse.
Deux facteurs
structurels alimentent cette tension : d'une part, la réduction de la
production d’Urée en Égypte et en Iran, pénalisée par les coupures de gaz
naturel, avec de nouveaux arrêts d'usines redoutés en Égypte sur le mois d’Août.
D'autre part, la
demande soutenue de l'Inde, qui continue d'absorber des volumes importants d’urée
sur les appels d'offres internationaux, limite d'autant les disponibilités pour
les autres acheteurs, européen notamment.
Au Moyen-Orient,
le trafic dans le détroit d'Ormuz est de nouveau très perturbé voire
complétement interrompu avec l’ouverture et la fermeture de façon intermittente
selon l'évolution des combats.
En mer Noire, la Russie mène
depuis le 22 juillet une stratégie de blocus par frappes ciblées contre les
navires civils et les infrastructures portuaires ukrainiennes, notamment à
Odessa. En parallèle, l’Ukraine mène également des frappes contre certaines
infrastructures stratégiques russes. Ces tensions perturbent le trafic maritime
dans la région : plusieurs armateurs ont ainsi suspendu leurs escales dans la
zone depuis le 23 juillet.
L’Ukraine perdrait ainsi près
d’un tiers de sa capacité d’exportation maritime. Les corridors terrestres et
fluviaux alternatifs, notamment via la Pologne, la Roumanie et le Danube,
permettent d’absorber une partie du trafic, mais restent fortement contraints.
La faiblesse des niveaux d’eau sur le Danube limite notamment les capacités de
transport fluvial, et engendrent des coûts logistiques nettement plus élevés.
Afin d’atténuer l’impact de la
hausse des prix des engrais, l’État a mis en place une aide exceptionnelle de
145 millions d’euros destinée aux achats d’engrais azotés simples (ammonitrate,
urée et solution azotée) facturés entre le 1er juin et le 30 septembre 2026.
L’aide s’élève à 50 €/t, avec un
montant majoré à 70 €/t pour les exploitations dont les achats d’engrais
représentent plus de 10 % des charges. Le montant versé est toutefois soumis à
un plancher de 750 € et plafonné à la quantité correspondant à 50 %
de la consommation d’engrais azotés de l’exploitation en 2025.
La demande doit être effectuée en
ligne auprès de FranceAgriMer, via la Plateforme d’Acquisition de
Données (PAD), ouverte depuis le 1er août 2026. L’accès se fait avec un SIRET
valide (une seule demande autorisée par SIREN). Les agriculteurs disposent
jusqu’au 6 novembre 2026 à 14h00 pour déposer leur dossier.
